Comment L’Europe compte se protéger des crises à venir

Les dirigeants européens se sont finalement entendus pour renforcer leur contrôle sur les finances des Etats : renforcer le traité de Lisbonne s’est avéré douloureux. Pourtant, il était absolument indispensable de s’accorder pour que ne se reproduise pas la crise de la zone Euro.

Le concept du filet de sauvetage

Alors que la Grèce touchait le fond, le filet de sauvetage mis alors en place va désormais être pérennisé. Appelé Fonds européens de stabilité financière et financé par les Etats, telle une assurance entreprise, il s’agit d’éviter que l’un d’eux se retrouve en situation de faillite.

Cependant, le traité de Lisbonne interdit formellement aux Etats de venir en aide financièrement aux autres. Etant donné que cette règle a déjà été transgressée une fois, on peut imaginer qu’il y a la un vide suffisant pour, sinon réformer, du moins modifié. Dans cette optique,  le président du Conseil Européen Herman Van Rompuy étudie actuellement de continuer ce processus sans pour autant modifier le texte intégralement.

Systématiser les punitions

Le Pacte de stabilité et de croissance doit également être renforcé : il n’est plus possible que les Etats membres restent impunis quand ils laissent déraper leurs finances et violent les textes européens. Il est surtout question d’agir avant que les 3% de déficit budgétaire, limite réglementaire, soit atteints. L’idée est également d’agir plus vite.  Auparavant, la Banque européenne souhaitait qu’un mécanisme automatique soit mis en place, ce que refusaient les Etats membres. L’accord trouvé ne prévoit pas l’automatisme du processus mais il sera tout de même facilité.

En tout cas, Berlin n’a pas été tendre envers les Etats laxistes, proposant de retirer leur droit de vote. Seulement Angela Merkel n’a pas été suivie sur ce point, jugé tout à fait menaçant pour l’équilibre du Traité.

Une surveillance accrue

Pour prévenir d’éventuels autres mésaventures comme celles que la Grèce, l’Espagne ou l’Irlande ont traversé, l’Union Européenne compte surveiller non seulement la dette des pays mais aussi les bulles immobilières ou encore le niveau de compétitivité des Etats.

Il est certain que ces mesures de prévention apparaissent comme positives, mais toutefois on peut se poser la question de savoir si elles seront suffisantes. Dans le même temps, quand on voit qu’Angela Merkel est décriée quand elle propose une mesure plus rigoureuse, on doute que cela soit possible.

Les décisions finales seront prises en décembre pour qu’une révision du Traité de Lisbonne soit effective pour le milieu de 2013.